21 janvier 2026

Flexi-jobs : nouveaux plafonds 2026 et réforme d’ampleur à l’horizon

Le système des flexi-jobs, devenu incontournable dans de nombreux secteurs, s’apprête à connaître une année 2026 charnière. Entre l’augmentation substantielle des plafonds fiscaux déjà d'application et une réforme structurelle annoncée pour le printemps, les employeurs doivent rester attentifs aux nouvelles règles du jeu.

L’occasion pour nous de faire le point sur les montants actuels et les perspectives législatives.

Plafonds fiscaux : une hausse significative !

C’est une nouvelle majeure pour l’attractivité du système : le plafond de revenus pour l’exonération fiscale des travailleurs non pensionnés est revu à la hausse.

En 2026, ces derniers pourront gagner jusqu’à 18.440 EUR (12.000 EUR précédemment) exonérés de précompte. Au-delà de ce plafond, la rémunération sera soumise au précompte professionnel mais le dépassement de ce plafond n’a toutefois aucune incidence sur le statut de flexi-job pour l’ONSS.

L’augmentation du plafond est appliquée à titre rétroactif, à partir de 2025(18.000 EUR). Précisons qu’il n’est bien entendu pas possible de conclure rétroactivement un contrat de flexi-jobbeur.

Flexi-salaire minimum

Pour rappel, dans tous les secteurs, en ce compris dans le secteur des soins de santé, le flexi-salaire de base doit être au moins égal au montant brut du salaire barémique applicable à la fonction exercée. Si aucun salaire barémique n’a été fixé, il devra être au moins égal au RMMMG.

Attention ! Dans l’Horeca (CP n°302) uniquement, un flexi-salaire minimum inférieur est de mise. Celui-ci sera adapté au 1 er mars 2026 : il s’élèvera à 11,87 EUR /heure. Le montant minimum du flexi-pécule de vacances (7,67 %) s'élèvera à 0,91 EUR/heure, soit au total 12,78 EUR/heure.

Réforme « Arizona » : vers une extension généralisée ?

L’accord de coalition fédérale 2025-2029 prévoit une réforme en profondeur du système, dont l'entrée en vigueur est évoquée pour le printemps 2026 (certaines sources citant le 1 er avril 2026).

Voici les principales mesures actuellement sur la table :

Inversion du principe : les flexi-jobs seraient dorénavant autorisés dans TOUS les secteurs, sous réserve de l'accès aux professions protégées. Les commissions paritaires conserveront toutefois leur autonomie pour exclure ou encadrer les flexi-jobs au moyen d’un mécanisme d’opt-out. La nouvelle législation devrait prévoir la possibilité d’un opt-out par trimestre en 2026. A partir de 2027, une exclusion ne pourrait s’appliquer que pour l’année suivante. À ce jour, certains secteurs ont déjà manifesté leur volonté de rester exclus du système en tout ou en partie (notamment les pompes funèbres ou la gestion d'immeubles).

Plafond salarial majoré : le flexi-salaire maximum pourrait passer de 150 % à 250% du salaire barémique brut applicable à la fonction exercée. Une autre piste serait que seul le salaire de base accordé serait pris en compte pour déterminer si le plafond salarial, excluant du coup les indemnités et avantages complémentaires accordées par la législation et les CCT.

 

Suppression de l'interdiction dans les entreprises liées :  pour les travailleurs à temps plein, il deviendraitpossible de prester un flexi-job dans une entreprise liée à leur employeur principal. L'interdiction de prester dans la même entreprise resterait toutefois d'application.

 

ü Cumul intérim / flexi : les agences d’intérim pourraient occuper une même personne sous les deux statuts simultanément, à condition que ce ne soit pas chez le même utilisateur.

Précisons en outre qu’une réflexion sera par ailleurs menée pour l’extension éventuelle des flexi-jobs au secteur public.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés dès que les textes législatifs seront consolidés.

Sources :

Accord budgétaire gouvernemental du 24 novembre 2025

Loi du 18 décembre 2025 portant des dispositions diverses (M.B. 30 décembre 2025, p. 97989)

Instructions administratives ONSS 2026/1