12 février 2026

Budget mobilité en 2026 : virage vers le 100 % électrique et report de l’obligation !

Le budget mobilité continue de gagner en popularité, mais l'année 2026 marque un tournant écologique majeur. Si le gouvernement "Arizona" ambitionne de généraliser ce dispositif, les employeurs doivent d'abord composer avec des règles de "verdissement" déjà actées depuis plusieurs années.

Voici l’état des lieux des changements effectifs au 1 er janvier 2026 et les perspectives pour 2027.

De quoi parle-t-on au juste ?

Lancé en 2019, le budget mobilité permet au travailleur de troquer sa voiture de société (actuelle ou celle à laquelle il a droit) contre un budget annuel équivalent au coût total pour l’employeur, le fameux TCO Total Cost of Ownership »).

Ce budget peut alors être réparti entre trois « piliers » complémentaires :

Ø Pilier 1 : une voiture de société plus respectueuse de l'environnement (qui, comme nous le verrons, doit désormais être 100 % électrique).

Ø Pilier 2 : des alternatives durables telles que les transports publics, le leasing d'un vélo (électrique), les solutions de mobilité partagée ou encore le financement des frais de logement (loyers ou intérêts hypothécaires pour ceux résidant près de leur lieu de travail). Ce pilier est le plus avantageux car il est totalement exonéré d’impôts et de cotisations sociales.

Ø Pilier 3 : le solde restant, versé une fois par an en espèces, après déduction d'une cotisation sociale spéciale de 38,07 %.

Besoin de détails techniques ? Pour approfondir chaque modalité, nous vous recommandons vivement de consulter le site officiel lebudgetmobilite.be , une mine d’informations pour répondre à toutes vos questions pratiques.

Plafonds 2026

Pour 2026, les limites annuelles du budget mobilité ont été indexées : le TCO doit être compris entre un minimum de 3.233 EUR et un maximum de 17.244 EUR, sans jamais dépasser 1/5 ème du salaire annuel brut total du travailleur.

Ce qui change au 1 er janvier 2026 : objectif « zéro émission » !

Indépendamment des discussions politiques actuelles, des modifications législatives décidées de longue date sont entrées en vigueur ce 1 er janvier. Elles concernent l'exigence environnementale des véhicules.

Pilier 1 : la voiture de société respectueuse de l’environnement 

Depuis le 1 er janvier 2026, une voiture proposée dans le cadre du Pilier 1 (échange de la voiture actuelle contre une plus petite/propre) doit obligatoirement être 100 % électrique. Elle doit, en d’autres termes, émettre zéro émission de CO2.

Par conséquent, les motorisations hybrides ou thermiques à faibles émissions ne sont plus éligibles. C'est la date de signature du bon de commande ou du contrat de leasing qui détermine la règle applicable.

Pilier 2 : Mobilité douce et solutions partagées

Le durcissement touche également les alternatives durables. Pour être financés via le pilier 2, les véhicules (ex. vélos électriques, trottinettes, tricycles/quadricycles motorisés, partagés ou non) doivent désormais être sans émission de CO2.

Une exception cependant est prévue pour les taxis (ou Uber) et les locations de véhicules sans chauffeur pour une durée maximale de 30 jours. Ceux-ci n’ont donc pas besoin d’être électriques pour être acceptés.

Réforme Arizona : l’obligation reportée au 1 er janvier 2027…

Initialement prévu pour 2026, le projet du gouvernement visant à rendre le budget mobilité obligatoire pour tout employeur proposant des voitures de société a été, lors du dernier Conseils des Ministres de l’année passée, officiellement reporté au 1 er janvier 2027, faute de textes légaux finalisés.

Les informations ci-dessous reposent sur l'Accord de gouvernement et sur des « bruits de couloir ». Aucun texte de loi, ou même de projet de loi, n'est cependant encore finalisé. Tout reste donc à confirmer légalement.

Phase 1 : le budget mobilité devrait à terme être obligatoirement proposé par certains employeurs !

Condition de base :l’obligation de proposer une budget mobilité concernerait uniquement les entreprises qui mettent des véhicules de société à disposition de leurs travailleurs depuis au moins 36 mois (condition identique à la mise en place actuelle, c’est-à-dire sur base volontaire). Cette période devrait désormais à l’avenir pouvoir être interrompue.

Taille de l’entreprise : serait déterminante pour l’obligation et son timing.

o les entreprises de plus de 50 employés auraient l’obligation de proposer un budget mobilité d’ici le 1 er janvier 2027;

o les entreprises occupant entre 15 et 50 employés ne seraient soumises à l’obligation qu’à partir du 1 er janvier 2028 ;

o les entreprises de moins de 15 employés seraient exemptées de l’obligation de mettre en place un budget mobilité mais pourront évidemment le faire sur base volontaire

La notion d’employé visée ci-dessus s’entendrait indépendamment du nombre d’employés disposant d’une voiture de société au sein de l’entreprise. On peut s’attendre à ce que d’autres conditions ou modalités soient prévues. On devrait en savoir plus dans les semaines/mois qui suivent.

Travailleurs concernés : l’obligation ne s’appliquerait qu’aux travailleurs qui ont droit à une voiture de société, mais pas à ceux dont la voiture est financée via un plan cafétéria ou un échange de salaire ou consiste en un véhicule utilitaire.

Choix du travailleur : le travailleur conservera, dans tous les cas de figure, sa liberté de choisir entre sa voiture de société et le budget mobilité. En d’autres termes, pas d’obligation pour le travailleur d’opter pour la mise en œuvre du budget mobilité proposé par l’employeur.

Signalons en outre que des mesures sont à l'étude pour simplifier le système, comme par exemple des outils numériques uniformes, le respect des contrats de leasing en cours avant de permettre d’échanger une voiture de société contre un budget mobilité ou encore, dans certains cas de figure (à déterminer), l’obligation pour le travailleur d’opter pour le pilier 1 (véhicule sans émission).

Phase 2 : le budget mobilité pour tous ?

Dans une phase ultérieure, certainement pas avant 2028, le gouvernement souhaite étendre le budget mobilité à tous les travailleurs, même ceux qui n'ont pas de voiture de société . L'objectif est de remplacer les indemnisations actuelles pour les déplacements domicile-travail et de donner plus de flexibilité à chacun.

Les détails concernant le calcul du budget mobilité pour ces travailleurs doivent évidemment encore être définis : TCO basé sur un montant standard ou en fonction du secteur, du package salarial, de la fonction ou encore de la distance domicile-lieu de travail ? Cela reste bien entendu à déterminer.

Que faire dans l’immédiat au niveau des entreprises ?

Pour les employeurs qui proposent déjà le budget mobilité, il s’agit de s’assurer que les catalogues (piliers 1 et 2) excluent les véhicules non électriques commandés après le 1 er janvier 2026.

Pour les autres employeurs non encore concernés par le budget mobilité, rien ne les empêche de déjà réfléchir à la politique de mobilité future de leur entreprise (ex. travailleurs qui pourraient entrer en ligne de compte, menu des piliers, examiner les fournisseurs de solutions de mobilité et les plateformes de gestion du budget mobilité…). Dans tous les cas de figure, même instauré de façon volontaire, un budget mobilité recèle pas mal d’avantages en termes d’attractivité de l’entreprise et de rétention des talent. Il s’inscrit de surcroît dans une politique globale influençant positivement l’organisation interne de la société (télétravail, parking, horaires, accessibilité, etc..).

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés en temps opportun du contenu définitif des réformes programmées.

N’hésitez pas à prendre contact avec nos collaborateurs pour de plus amples informations.

Sources :

Loi du 17 mars 2019 concernant l'instauration d'un budget mobilité et ses modifications successives.

Accord de gouvernement Arizona (2025-2029).

Signaux sociaux n° 1/2026.